Comparution immédiate à Marseille : déroulement, enjeux et stratégie de défense
la comparution immédiate au Tribunal judiciaire de Marseille est l'une des procédures les plus rapides et les plus lourdes de conséquences du droit pénal français.

Ce qu'est vraiment la comparution immédiate à Marseille
La comparution immédiate est souvent présentée comme une procédure rapide et technique. C'est en réalité bien plus que cela : c'est l'une des audiences les plus déterminantes du droit pénal français, celle où une vie peut basculer en moins d'une heure.
À Marseille, ces audiences se tiennent quotidiennement — généralement à partir de 14h00 — au Tribunal judiciaire situé rue Joseph Autran, dans le Palais Pierre Puget. La Chambre B du tribunal correctionnel en est le théâtre habituel. En une seule après-midi, des dizaines de dossiers y sont traités : vols avec violence, trafic de stupéfiants, infractions routières graves, violences conjugales, escroqueries. Des hommes et des femmes issus de tous les quartiers de Marseille — des quartiers Nord à Castellane, du Vieux-Port à la Joliette, du Prado aux quartiers Sud — se retrouvent face à trois magistrats, après des heures de garde à vue, souvent épuisés, désorientés, et insuffisamment préparés.
La durée moyenne d'un dossier en comparution immédiate à Marseille est de 29 minutes. C'est le temps dont dispose votre avocat pénaliste pour construire et plaider votre défense. Chaque minute compte. Chaque argument doit être calibré.
Étape 1 — L'arrivée au tribunal : le choc des geôles
Avant même que l'audience commence, le prévenu traverse une expérience que peu de personnes anticipent. Après sa garde à vue — au commissariat central, à la BSIJ, ou dans l'un des services de police des quartiers marseillais — il est conduit dans les geôles du Palais de justice, communément appelées les "souricières". Il y attend, parfois plusieurs heures, dans un espace exigu, en compagnie d'autres personnes déférées.
Ce moment de déphasage est important à comprendre : le prévenu arrive à l'audience dans un état de fatigue physique et de tension psychologique réel. C'est dans cet état qu'il va être extrait par une escorte policière, conduit dans la salle d'audience, et immédiatement confronté à la solennité du tribunal correctionnel.
Le président de la chambre procède d'abord à la vérification d'identité — nom, prénom, date de naissance, adresse. Il rappelle ensuite les droits fondamentaux du prévenu : le droit de garder le silence, le droit de faire des déclarations spontanées, ou le droit de répondre aux questions. Ce rappel est une formalité légale, mais elle a une portée pratique réelle : tout ce que dit le prévenu à ce stade peut peser dans le délibéré.
Étape 2 — Le consentement au jugement immédiat : le pivot de toute la stratégie
C'est le moment le plus stratégique de la procédure, celui sur lequel se concentre en priorité un avocat pénaliste expérimenté à Marseille.
Le président demande au prévenu : acceptez-vous d'être jugé aujourd'hui ?
Cette question en apparence simple ouvre deux trajectoires radicalement différentes.
Si le prévenu refuse le jugement immédiat
Le renvoi est de droit : le tribunal ne peut pas passer outre. L'affaire est renvoyée à une audience ultérieure, généralement dans un délai de 2 à 4 mois, ce qui permet de préparer une défense complète — rassembler des pièces, solliciter des expertises, construire un dossier de personnalité solide.
Mais ce renvoi a un prix immédiat : le tribunal doit statuer sur votre situation jusqu'à la prochaine audience. Il peut prononcer un contrôle judiciaire, une assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE), ou — dans les cas les plus sévères — ordonner un placement en détention provisoire à la Prison des Baumettes.
C'est précisément pourquoi la décision de refuser ou d'accepter le jugement immédiat ne peut pas être prise seul, sans avocat. Elle dépend de la solidité du dossier de l'accusation, de la nature des faits reprochés, du profil pénal du prévenu, et des garanties de représentation disponibles.
Si le prévenu accepte d'être jugé immédiatement
Le procès s'ouvre sur-le-champ. Le prévenu renonce à un délai de préparation supplémentaire. Cette option peut être stratégiquement pertinente lorsque les faits sont peu contestables, que les garanties de représentation sont solides, et qu'un avocat compétent est prêt à plaider efficacement dans l'immédiat.
La présence d'un avocat pénaliste est obligatoire pour recueillir ce consentement. Si vous n'en avez pas mandaté un, un avocat commis d'office vous est désigné. La différence de préparation entre les deux situations peut être considérable.
Étape 3 — L'examen des faits et de la personnalité
Une fois le consentement recueilli, le président procède à la lecture du dossier et à l'interrogatoire du prévenu sur les faits reprochés. Cet examen est dual : il porte à la fois sur les faits (qu'avez-vous fait, dans quelles circonstances ?) et sur votre personnalité.
Cette dimension personnelle s'appuie sur l'Enquête Sociale Rapide (ESR), réalisée le matin même de l'audience par un service spécialisé. L'ESR évalue vos garanties de représentation : avez-vous un domicile stable à Marseille ? Un emploi ou une formation ? Des liens familiaux établis ? Des obligations de soins en cours ?
Ces éléments ne sont pas anodins : ils alimentent directement la décision du tribunal sur la peine et sur son éventuel aménagement. Un prévenu domicilié dans les quartiers Nord de Marseille, avec un projet professionnel sérieux et un hébergement stable, ne sera pas perçu de la même manière qu'un prévenu sans attaches documentées — même si les faits reprochés sont identiques.
L'avocat de la défense doit avoir anticipé et complété ces éléments avant l'audience, en échangeant avec le prévenu dès sa garde à vue ou son défèrement.
Étape 4 — Réquisitions du parquet et plaidoirie de la défense
La parole est distribuée dans un ordre procédural strict.
La partie civile s'exprime en premier si une victime est constituée dans la procédure. Son avocat plaide la réparation des préjudices subis — préjudice moral, corporel, matériel. Ces demandes peuvent peser sur la perception du tribunal quant à la gravité des faits.
Le procureur de la République — représentant du parquet de Marseille — prend ensuite la parole. Il expose son analyse du dossier et prononce ses réquisitions : la peine qu'il estime proportionnée aux faits. Prison ferme avec mandat de dépôt, emprisonnement avec sursis, amende, travail d'intérêt général : le parquet de Marseille dispose d'une latitude réelle dans ses demandes, et ses réquisitions influencent significativement le délibéré.
L'avocat de la défense plaide en dernier — avant la prise de parole finale du prévenu. C'est le moment central du travail défensif. Un avocat pénaliste expérimenté devant le tribunal correctionnel de Marseille ne se contente pas de contester les faits : il construit une argumentation globale qui intègre la personnalité du prévenu, son parcours, les circonstances atténuantes, et les perspectives concrètes de réinsertion. Il peut solliciter une peine aménagée dès le prononcé — mandat de dépôt à effet différé, bracelet électronique, sursis probatoire — pour éviter un enfermement immédiat.
Le prévenu a toujours le dernier mot avant la clôture des débats. Ce droit, souvent négligé, peut avoir une portée réelle si les mots choisis sont justes et sincères.
Étape 5 — Le délibéré et la décision : ce qui se joue en quelques minutes
Le tribunal se retire pour délibérer à huis clos. Dans le cadre d'une comparution immédiate à Marseille, ce délibéré dure rarement longtemps — parfois moins de dix minutes. La décision est ensuite rendue publiquement dans la salle d'audience.
Trois issues sont possibles : la relaxe (les faits ne sont pas établis ou ne constituent pas une infraction), la condamnation avec sursis ou peine aménagée, ou la condamnation à de l'emprisonnement ferme assortie d'un mandat de dépôt.
Le mandat de dépôt est la décision la plus redoutée : il entraîne le transfert immédiat du condamné, par fourgon pénitentiaire, vers la Prison des Baumettes. Ce transfert a lieu le jour même, parfois dans l'heure qui suit le prononcé de la peine. Le condamné n'a pas le temps de rentrer chez lui, de prévenir ses proches, de préparer ses affaires.
C'est l'aboutissement que tout avocat pénaliste cherche à éviter — et que la préparation en amont de l'audience permet souvent de prévenir.
FAQ — Comparution immédiate à Marseille : les questions essentielles
1. Peut-on refuser la comparution immédiate sans risquer la détention provisoire ?
Oui, le refus du jugement immédiat est un droit absolu que le tribunal ne peut pas écarter. Mais ce refus déclenche automatiquement une décision sur votre situation jusqu'à la prochaine audience : contrôle judiciaire, ARSE ou détention provisoire aux Baumettes. La stratégie doit donc être préparée en amont avec votre avocat pénaliste, qui évaluera si les garanties présentées sont suffisantes pour obtenir une liberté jusqu'au renvoi.
2. Combien de temps dure une audience de comparution immédiate à Marseille ?
La durée moyenne est de 29 minutes par dossier au Tribunal judiciaire de Marseille. Cette brièveté extrême est l'une des caractéristiques les plus redoutables de la procédure : elle laisse peu de place à l'improvisation et exige une préparation défensive très en amont, dès la garde à vue.
3. L'avocat commis d'office peut-il défendre aussi bien qu'un avocat choisi ?
Un avocat commis d'office est un avocat inscrit au barreau de Marseille, compétent juridiquement. Mais la différence réside dans la préparation : un avocat mandaté dès la garde à vue a pu échanger avec vous, analyser les faits, identifier les points contestables et construire un dossier de personnalité. Un avocat commis d'office rencontrera souvent son client pour la première fois dans les couloirs du Palais de justice, quelques minutes avant l'audience.
4. Que risque-t-on concrètement en cas de condamnation en comparution immédiate ?
Le risque principal est le mandat de dépôt immédiat, qui entraîne un transfert direct vers la Prison des Baumettes dès la sortie de l'audience. Le condamné ne peut ni rentrer chez lui, ni prévenir sa famille, ni préparer ses affaires. Cette issue est d'autant plus probable que le prévenu était déjà en détention provisoire, que les faits sont graves, ou que les réquisitions du parquet de Marseille étaient sévères.
5. L'Enquête Sociale Rapide (ESR) est-elle vraiment déterminante ?
Oui. L'ESR est le document sur lequel s'appuie le tribunal pour évaluer votre situation personnelle et vos garanties de représentation. Un dossier social solide — domicile stable, emploi, famille à Marseille — peut faire pencher la balance vers une peine aménagée plutôt qu'une incarcération immédiate. L'avocat de la défense peut compléter ou corriger les informations de l'ESR lors de sa plaidoirie, à condition d'avoir les pièces justificatives en main.
6. Peut-on faire appel d'une condamnation en comparution immédiate ?
Oui. Toute condamnation prononcée en comparution immédiate peut faire l'objet d'un appel devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence dans un délai de 10 jours. Cet appel est suspensif de la peine si le condamné est libre, mais ne l'est pas automatiquement en cas de mandat de dépôt. La préparation de l'appel est une étape stratégique à part entière, que le Cabinet FEBBRARO anticipe dès l'audience de première instance.
7. La comparution immédiate est-elle utilisée pour tous les types d'infractions à Marseille ?
Non. La comparution immédiate ne peut être utilisée que pour des infractions passibles d'au moins 2 ans d'emprisonnement (6 mois en cas de flagrance). À Marseille, elle est fréquemment utilisée pour les affaires de trafic de stupéfiants, de violences aggravées, de vols avec violence, de conduite en état d'ivresse avec circonstances aggravantes, ou d'escroquerie. Elle est rare pour des infractions complexes nécessitant une instruction approfondie.
8. Que se passe-t-il si le prévenu n'a pas de domicile stable à Marseille ?
L'absence de domicile stable est un facteur aggravant dans l'évaluation du risque de fuite par le JLD ou le tribunal. Elle rend plus difficile l'obtention d'un contrôle judiciaire ou d'une ARSE. L'avocat pénaliste peut néanmoins pallier cette difficulté en proposant des solutions alternatives : hébergement chez un tiers avec attestation, engagement d'une structure d'accueil sociale, prise en charge par un service de probation. Ces solutions doivent être préparées avant l'audience.
9. Le prévenu peut-il parler librement lors de l'audience de comparution immédiate ?
Oui, et il est fortement conseillé de le faire avec discernement. Le prévenu dispose du droit de garder le silence, de faire des déclarations, ou de répondre aux questions. Ses mots — lors de l'interrogatoire comme lors de son ultime prise de parole avant le délibéré — peuvent influencer positivement ou négativement la perception du tribunal. L'avocat pénaliste prépare son client sur ce point essentiel, souvent décisif pour l'issue de l'audience.
Conclusion : 29 minutes pour défendre votre liberté — ne les laissez pas s'écouler sans préparation
La comparution immédiate au Tribunal judiciaire de Marseille est une procédure d'une redoutable efficacité. En moins d'une demi-heure, une décision est rendue, une peine est prononcée, un mandat de dépôt peut être signé. La machine judiciaire ne s'arrête pas, ne ralentit pas, n'attend pas.
Ce que vous faites dans les heures qui précèdent cette audience — le choix de votre avocat, la qualité des garanties présentées, la préparation de votre prise de parole — détermine en grande partie l'issue de la procédure. Une défense préparée, structurée et plaidée avec autorité devant le tribunal correctionnel de Marseille peut faire la différence entre un mandat de dépôt immédiat et une peine aménagée, entre les Baumettes et votre domicile.
Ne restez pas seul face à cette procédure d'urgence.
Cabinet FEBBRARO — Avocat pénaliste Marseille 19 A Rue Armény, 2ème étage — 13006 Marseille Téléphone : 04 91 33 98 86 Disponible 24h/24 pour toute urgence pénale — Garde à vue, défèrement, comparution immédiate, Tribunal judiciaire de Marseille





